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Halloween, 20 ans après
Halloween: H20

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Samedi 19/03/2016
Un anniversaire à moitié salvateur

Derrière cet infâme titre, qu’il soit VO (Twenty Years Later) ou bien VF (20 ans après), se cache en réalité Halloween 7 qui profite du vingtième anniversaire du film de John Carpenter pour exister. Une sortie hommage qui se présentait comme l’occasion rêvée pour la franchise de revenir sur le devant de la scène. D’autant plus que le slasher, genre de film d’horreur né avec Massacre à la Tronçonneuse et justement Halloween premier du nom, a connu une certaine résurrection au milieu des années 90 avec Scream et Souviens-toi… l’été dernier. Surtout après deux opus (le 5 et le 6) qui n’ont fait qu’enfoncer la franchise horrifique dans les tréfonds du grand n’importe quoi. Il était donc temps au tueur Michael Myers de sortir de sa léthargie et d’imposer sa suprématie ! Et on peut dire que pour cet anniversaire, l’équipe du film a vu les choses en grand ! Si vous n’êtes pas convaincus, voici les faits ! D’une part, la star du long-métrage n’est autre que Jamie Lee Curtis, qui reprend son rôle de Laurie Strode dix-sept ans après le passable Halloween 2. Ensuite, le tout est produit par Kevin Williamson, le scénariste qui a su avec Scream et Souviens-toi… l’été dernier donner une nouvelle jeunesse aux slashers. Sans compter que cet Halloween 7 s’est vu offrir l’aide financière des frères Weinstein, deux producteurs très reconnus dans le cinéma hollywoodien notamment pour avoir accompagner des réalisateurs tels que Steven Soderbergh et Quentin Tarantino. La réalisation, quant à elle, est confiée à Steve Miner, habitué du cinéma d’horreur (Vendredi 13 2 et 3). Et enfin, le film réussit a proposer un tout autre rôle (même furtif) à Janet Leigh, la célèbre victime de la douche dans Psychose qui, depuis quelques années, étaient cantonnée à participer aux suites du film d’Alfred Hitchcock. Autant dire que ce nouvel Halloween avait bien du cachet ! Et qu’il s’avère être l’un des meilleurs films de la franchise depuis belle lurette… de justesse ! Ce que l’on retiendra de ce film anniversaire, c’est avant toute chose sa première partie, véritable surprise d’écriture. Si l’ensemble ne se montre pas avare en clichés (notamment en ce qui concerne les adolescents), personnages secondaires inutiles et situations sentant le déjà-vu à plein nez, Halloween 7 ne se lance pas aussitôt dans une énième tuerie orchestrée par un psychopathe masqué. Mais dans une sorte de portrait psychologique de l’héroïne, qui doit faire face à ses démons (l’éventuel retour du croquemitaine) mais également à son fils désirant se détacher d’elle et de sa paranoïa. Cela aurait pu se montrer barbant, surtout pour un film d’horreur qui se doit de divertir avec des scènes gores et de meurtres, mais ici, cela donne une certaine ampleur aux protagonistes. À leur vécu et surtout à leur relation, donnant des scènes attachantes et permettant au film de captiver sans mal notre attention. Sans compter que les comédiens, contrairement à la majorité des divertissements horrifiques, s’en sortent ici convenablement, accentuant l’intérêt que l’on porte à leur rôle respectif. Mais tout cet excellent travail se casse malheureusement la bibine dès que Michael Myers entre en scène. Car s’il reste comme à chaque fois l’attraction principale, le tueur se montre être cette fois-ci le point faible. Le portrait de Laurie Strode a beau être posé et continuer à faire son effet jusqu’à la dernière scène, tout vole en éclat lorsque Halloween 7 vire dans le cinéma d’horreur. D’une part parce que Myers manque cruellement de charisme (son allure devenue ringarde et son manque de présence à l’écran ne font plus effet). De l’autre, ce nouvel opus s’enfonce très vite dans le grotesque, notamment dans son face-à-face qui s’éternise. Durant ce dernier, nous avons droit à des incohérences scénaristiques (un personnage que l’on croyait mort qui ressuscite comme ça, l’air de rien), des séquences de tuerie gratuites et sans aucun panache, un énorme manque de tension et d’angoisse dans la mise en scène (alors que le film original était connu pour ça) et un côté plutôt soft dans le domaine du gore. Je ne dis pas que c’est mauvais. Vu la note attribué à ce film, je peux vous assurer que je ne me suis pas ennuyé ! Mais comparé au tout premier volet, il m’est impossible de faire main basse sur les défauts de cette suite, bien regrettables. Alors que la franchise était vouée à rester dans l’oubli, ce septième opus lui offre une petite résurrection forte sympathique, à défaut de faire pleinement honneur au long-métrage de Carpenter. Halloween, 20 après, surfant sur le renouveau du slasher, permet ainsi de redonner du peps à une star du cinéma d’horreur, même si cette dernière semble sortir d’un autre âge dans ce film. Sans aucun doute la meilleure suite à La Nuit des Masques qui puisse exister et qui lui livre une fin digne de ce nom. Quoique… les producteurs ont toujours su, pour notre plus grand malheur, trouver les moyens de produire des suites à la pelle quitte à ronger l’aura d’une franchise jusqu’à l’os. Comme en témoignera plus tard Halloween : Résurrection.
 
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