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Chucky, la poupée de sang
Child's Play 2

avatar16

Lundi 25/07/2016
Archétype de la suite : le premier en moins bien

Plus de 40 millions de dollars pour un film ayant coûté à peine 9 millions, qui s’est permis de proposer une nouvelle star de l’horreur en la poupée Chucky tout en s’étant fait remarquer à divers festivals (dont celui d’Avoriaz, édition de 1989), il est donc tout a fait normal que Jeu d’enfant se voit offrir une suite. Après, encore faut-il que cette dernière soit à la hauteur de son prédécesseur, ce que le cinéma hollywoodien, et notamment horrifique, n’a que trop rarement su mettre convenablement en application. Et encore, on pouvait espérer le contraire avec cette Poupée de Sang, réalisé par John Lafia, scénariste du premier opus avec le créateur de celui-ci, Don Mancini. Au final, nous obtenons un produit… potable. Comme on pouvait s’y attendre, ce Chucky 2 ne s’est pas trop foulé pour exister. Il a suffi au scénariste de faire le lien avec le long-métrage précédent pour en faire une suite directe, de ressusciter le célèbre tueur en plastique, lui donner le même but qu’auparavant (pourchasser le petit Andy pour s’emparer de son corps), reprendre les mêmes acteurs… et le tour est joué ! Le tout en proposant bien plus de meurtres, de moments dans lesquels Chucky apparaît à l’écran en action ou bien pour balancer une petite insulte dont il a le secret. Mais en dépit de cela, cette suite laisse tomber le côté « enquête policière » du premier opus pour se focaliser tout spécifiquement sur l’aspect « divertissement horrifique » de l’ensemble pour amuser la galerie contre une certaine perte d’intérêt au scénario. Un constat qui fait de Chucky, la Poupée de Sang un banal long-métrage d’horreur devant lequel nous assistons à un enchaînement de mises à mort de personnages secondaires (parfois gratuites, comme le technicien de l’usine des Braves Gars) jusqu’au final, se voyant affronter les survivants principaux au tueur, le tout enveloppé dans un long dénouement qui ne semble ne plus en finir malgré un décor et des moments bien sympathiques. Ensuite, dans les caractéristiques neutres de Chucky 2, nous nous devons de parler de la mise en scène. Cette dernière se montre tout aussi impersonnelle que dans le premier film et se révèle être même moins maîtrisée. Néanmoins, il y a suffisamment de savoir-faire pour que la Poupée de Sang nous apparaisse tel un divertissement rythmé et finalement assez bien fichu pour ne pas nous perdre totalement. Et ce malgré un casting peu engageant, qui côtoie des comédiens de bonne facture et d’autres, banals au possible (un constat qui s’adresse avant tout à Christine Elise). Un paragraphe ma foi court, des arguments expédiés à la va-vite… pour expliquer que depuis le premier film, rien n’a vraiment changé. Même s’il existe quelques nuances ici et là, la Poupée de Sang se présente à nous comme une sorte de version un peu plus horrifique de son prédécesseur, n’ayant fait que reprendre ses défauts et atouts sans jamais chercher à innover. Et, encore une fois, si le film réussit à divertir, c’est grâce à Chucky lui-même. Comme pour l’opus précédent, la poupée tire son épingle du jeu de part des effets spéciaux lui donnant vie très convaincants, son aura à la fois machiavélique et farceur, et surtout au retour de Brad Dourif au doublage. Tel Robert Englund pour Freddy, il est Chucky. Par là, il faut comprendre que le comédien est irremplaçable, étant le seul à interpréter son personnage comme il se doit, lui donnant le charisme nécessaire (rien que par là voix, s’il vous plaît !) afin d’en faire un protagoniste terriblement attachant et jouissif malgré son statut de tueur psychopathe. Sans aucun doute un indispensable au casting, au film et pour le coup à la franchise ! Voilà, c’est vraiment tout ce qu’il y a à dire sur Chucky, la Poupée de Sang. En gros, pas grand-chose si ce n’est que cette suite reprend ce qui a été fait dans le premier film (pour le coup, je vous renvoie à ma critique sur Jeu d’enfant), en moins bien. Un divertissement horrifique lambda qui peut une nouvelle fois compter sur sa « tête d’affiche » pour susciter la curiosité et garantir un visionnage pour le moins amusant. Mais cela sera-t-il encore suffisant pour permettre aux futures suites de valoir encore que l’on s’y attarde ? Réponse prochainement !
 
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