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Halloween: Resurrection

avatar16

Lundi 25/04/2016
Halloween : Mutilation

Il est franchement un peu tard pour s’intituler Résurrection ! D’une part parce que cette renaissance s’était déjà effectuée avec l’opus précédent (Halloween, 20 ans après) au point de faire oublier les dernières catastrophes de la franchise (le 5 et le 6). Et de l’autre parce que, tout fier d’aborder un tel statut, ce nouvel Halloween n’a rien d’une quelconque résurrection. Plutôt l’inverse, étant donné qu’il s’agit-là de l’opus le plus détesté de la saga toute entière, et ce à juste titre ! Car dans leur course au succès et aux pépètes tout en voulant surfer sur le renouveau du slasher movie, les producteurs ont pondu une véritable abomination du cinéma. Et pas que dans le domaine horrifique ! Pourtant, le projet avait quelques atouts en poches, comme le retour de Jamie Lee Curtis au casting, un aspect moins ringard (grâce à l’avancée des effets spéciaux, les meurtres devraient être plus violents et crédibles), la réalisation à nouveau entre les mains de Rick Rosenthal (qui s’était occupé d’Halloween 2, l’un des épisodes les moins calamiteux de la saga), une thématique d’époque au centre de l’intrigue qui n’attend qu’à être critiquée (la télé-réalité)… Mais malheureusement, vous ne retiendrez que deux choses de cet Halloween : Résurrection. La première étant l’aspect du psychopathe Michael Myers, bien plus charismatique que dans le film précédent. La seconde, qui n’est pas une bonne chose pour le long-métrage, est le fait que l’on pleure de rire devant tant d’aberrations, à condition d’être avec des amis lors d’une soirée bien arrosée ! Car il n’y a franchement rien à sauver de ce désastre… Il suffit de voir l’ouverture du film pour s’en rendre compte : une excuse plus que foireuse pour expliquer le retour de Myers et de caser Jamie Lee Curtis quelque part dans le projet, le tout avec des figurants jouant comme leurs pieds, une mise en scène tournant au ridicule et des répliques d’une incommensurable bêtise. Et encore, il s’agit-là des « meilleurs minutes » du long-métrage, car la suite des événements enfonce le projet encore plus loin dans la connerie. Que ce soit une intrigue fumeuse au possible n’ayant aucun lien avec l’introduction, des personnages aussi débiles que dans un Scary Movie (et avec souvent le même humour douteux, c’est pour dire !), des interprètes à la ramasse, des effets spéciaux pas toujours au top, des meurtres sans aucune saveur (on peut dire ça quand on parle d’un film d’horreur)… tout fait pitié dans cet Halloween ! Et encore, je n’ai pas parlé de certains passages scénaristiques vomitifs tels que l’héroïne criant si fort qu’elle est capable de casser un verre rien qu’avec sa voix. Ou encore ce producteur de télé sauvant cette dernière avec quelques coups de kung-fu parce qu’il est fan de… films de kung-fu. Sans oublier des choix de castings discutables comme celui du mannequin Tyra Banks, présente pour montrer son postérieur (un plan s’attarde vraiment sur cet atout) et du rappeur Busta Rhymes. Tout est si pitoyable que l’on en oublie la piètre qualité des opus 5 et 6 au point de s’ennuyer encore plus qu’avec ces derniers… Mais la torture ne s’arrête pas là. En effet, Halloween : Résurrection, en plus de surfer sur la renaissance du slasher movie, se permet de profiter de l’aura du Projet Blair Witch pour proposer des passages en found footage. La thématique de l’ensemble flirtant avec le monde télévisuel, ce choix de mise en scène se montrait idéal pour apporter un peu de fraîcheur à la franchise. Encore fallait-il que le tout soit réalisé avec brio, ce qui n’est pas le cas ! Déjà qu’en temps normal, le film souffre d’une photographie indigeste et d’une mise en scène des plus inexistantes, le found footage ne trouve ici aucun intérêt si ce n’est complètement perdre de vue le spectateur. La faute principalement à des séquences filmées sans aucun génie (on ne voit rien du tout avec une caméra bougeant dans tous les sens, la faible luminosité et les interférences visibles à l’image) qui ne donnent jamais le grand frisson recherché dans ce genre de divertissement. C’est plutôt le désintéressement qui prend ici place, Halloween : Résurrection ne faisant jamais preuve d’efficacité ni de savoir-faire (à aucun moment vous ne sursauterez ou bien serez angoissés par ce qui se passe à l’écran). Si vous pensiez que la saga Halloween avait touché le fond avec le cinquième et/ou le sixième film, il aura fallu attendre ce huitième opus pour que l’inoubliable long-métrage de John Carpenter soit entaché à jamais. Véritable honte pour ce dernier mais également pour le cinéma en général, Halloween : Résurrection signait en 2002 la mort inéluctable d’une franchise en sérieuse perte de vitesse et qui ne demandait qu’à s’arrêter depuis belle lurette. Il aura néanmoins fallu un chanteur de métal (Rob Zombie) et quelques années supplémentaires pour que la saga connaisse enfin cette renaissance tant espérée !
 
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